Jean-Victor Cario, né en 1937 à Paris, grandit dans une famille juive d’origine turque.
Nuits transfigurées

La musique de Schoenberg est là où on ne l’attendait pas. Certes, elle répond point par point au mythe fondateur de la modernité, mais elle bâtit aussi sa déroute. Sa tentative de rébellion contre le système est aussi importante que le système moderne. Ce à quoi elle résiste est aussi fédérateur que ce qu’elle préserve.
De Joseph Haydn à Arnold Schoenberg, en passant par Wolfgang Amadeus Mozart, ce programme propose un regard sur la musique autrichienne, grâce à trois focus sur des moments clefs de son histoire. C’est aussi un clin d’œil à l’histoire de l’Orchestre de chambre de Paris, car voilà près d’un demi-siècle que la Symphonie n° 49, dite « La Passione », entrait à son répertoire, à l’initiative de Daniel Barenboim, qui la dirigea en 1977… Alors qu’il est protégé par le prince Esterházy, Joseph Haydn, lui-même à la tête d’un orchestre, peut composer et expérimenter. Avec « La Passione », créée en 1768, il s’engouffre dans le courant préromantique du Sturm und Drang (traduit en français par « tempête » et « passion », ou « élan »), donnant par là même au genre symphonique une légitimité nouvelle. Achevé en 1791, le dernier Concerto pour piano de Wolfgang Amadeus Mozart joue sur la complémentarité du soliste avec l’orchestre, et ouvre des perspectives nouvelles, où les modulations et digressions annoncent le romantisme. Celui-là même dont hérite Arnold Schoenberg, lorsqu’il met en musique un poème de Richard Dehmel, dans lequel une femme avoue à l’homme qui l’aime qu’elle attend un enfant d’un autre. Œuvre tonale, qui emprunte autant à Johannes Brahms qu’à Richard Wagner, La Nuit transfigurée, écrite au départ pour septuor à cordes en 1899, est transcrite pour orchestre à cordes en 1917, puis révisée en 1943 par le compositeur lui-même et compte aujourd’hui parmi les chefs d’œuvres de la musique de la première moitié du vingtième siècle.
Programme
Joseph Haydn
Symphonie no 49 en fa mineur, Hob. I : 49, dite « La Passione »
Wolfgang Amadeus Mozart
Concerto pour piano no 27 en si bémol majeur, KV 595
Arnold Schoenberg
La Nuit transfigurée, op. 4
Les dates
de 20h00 à 22h00
Adresse
Théâtre du Châtelet
1 place du Châtelet
75001 Paris
Informations complémentaires
Contact
+33140282840
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