Lento associe le saxophone soprano lyrique de Gilles Barikosky aux textures de guitare électrique de Nicolas Torracinta, entre jazz et pop aérienne.
Ciné-Concert La Belle & la Bête

Cet univers nouveau me trouble, me dérange, me captive. Je m’étais fait une musique sans m’en rendre compte et les ondes de l’orchestre la contredisent. Peu à peu Auric triomphe de ma gêne absurde. Ma musique cède la place à la sienne. Cette musique épouse le film, l’imprègne, l’exalte, l’achève.
À n’en pas douter, La Belle et la Bête est l’un des plus grands chefs-d’œuvre du cinéma français de la Libération. Réalisé par Jean Cocteau, lui-même assisté par René Clément, tourné en août 1945, ce film réunit les principaux talents du moment. Lorsqu’il adapte le conte de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont, Jean Cocteau pense simultanément le scénario et la mise en scène, qu’il souhaite inscrire dans un univers visuel très précis.
À la fois hommage aux grands maîtres de la peinture néerlandaise du xviie siècle, tels que Pieter de Hooch ou Johannes Vermeer qui découvrent alors l’usage de la camera obscura, La Belle et la Bête emprunte aussi à l’art de la gravure du xixe siècle, avec Gustave Doré. Et c’est la lumière directionnelle de ces gravures qui guide l’œil d’Henri Alekan, chef opérateur, quand il braque ses projecteurs sur les décors de Christian Bérard. Portés par Josette Day (Belle), Marcel André (le Père), Michel Auclair (Ludovic), et Jean Marais (la Bête, le Prince et Avenant), les costumes de Georges Escoffier sont magnifiés par l’extraordinaire maquillage d’Hagop Arakélian, qui oblige Jean Marais à passer, chaque jour, trois à quatre heures pour grimer son seul visage. Œuvre à la fois populaire et exigeante,
La Belle et la Bête est un film fantastique, grave et émouvant, qui interroge tout autant l’amour que la mort. La partition de Georges Auric n’est pas pour rien dans cette affaire : compositeur engagé du Front populaire, affilié au groupe des Six, entré en Résistance sous Vichy et l’Occupation, Georges Auric est un compagnon de route de Jean Cocteau depuis près de trente ans. En contrepoint de la voix du narrateur, incarné par Jean Cocteau lui-même, la musique est un élément narratif à part entière au service du poétique et du fantastique. À l’occasion du quatre-vingtième anniversaire de la sortie du film, c’est l’Orchestre philharmonique de Radio France qui apporte son concours à la première mondiale de la projection de ce film en ciné-concert.
Les dates
de 20h00 à 21h30
Adresse
Théâtre du Châtelet
1 place du Châtelet
75001 Paris
Informations complémentaires
Contact
+33140282840
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